Traduction réalisée par AlbinusTraduction réalisée par Eric Daoudal
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L'auteur du Catholicon se nomme Jehan Lagadeuc (Lagadec : orthographe conforme à l'usage ancien). Il était de la paroisse de Plougonven (Ploégonven), prêtre du diocèse de Tréguier (Treger). Il est supposé que Jehan Lagadeuc soit né à Morlaix (Montroulez) ou à Plougonven au manoir de Mezédern situé à un kilomètre au sud du bourg de Plougonven. Il n'existe aucune certitude, les registres n'étant conservés que bien plus tard.

L'usage veut que ce dictionnaire soit nommé Catholicon, nom que son auteur ne lui a jamais donné. Pour lui l'ouvrage n'est qu'un dictionnaire car pour porter le prestigieux nom de Catholicon celui-ci devrait être universel. Il devrait contenir tous les termes de son sujet.

L'ouvrage a été rédigé en 1464. Voici ce qu'il écrit au début de son ouvrage :

"Moi, Jehan Lagadeuc, de la paroisse de Ploégonven, au diocèse de Tréguier, bachelier ès arts et décrets, tout indigne que j'en sois, j'ai composé ce petit ouvrage pour l'utilité des petits clercs pauvres de Bretagne ou encore des illettrés en latin".

Il semble que la date du 16 août 1464 marque la fin de sa rédaction.

Jehan Lagadeuc ne cite pas toujours les sources consultées pour l'élaboration du dictionnaire. Néanmoins, certains indices tendent à prouver que son auteur s'est servi des glossaires parisiens dont celui de Saint-Germain-des-Prés, le glossaire latin de Papias (vers 1060) et le vocabulaire latin d'Ugutio de Ferrare (vers 1200). La distribution du breton en ordre alphabétique du Catholicon est inspirée de la composition alphabétique adoptée par le frère Jean de Gênes dans son Catholicon. Par ailleurs, ses connaissances personnelles et ses rencontres constituent aussi une source à l'élaboration du livre.

Il est étonnant que le Catholicon de Jehan Lagadeuc soit le premier dictionnaire breton. En effet, la langue française était assez répandue à cette époque en Bretagne chez les notables notamment et l'on peut penser que les clercs d'églises, les notaires,... possédaient au moins un lexique breton-français. Pas un seul n'est parvenu jusqu'à nous.